Lundis en Commun #8 — Comment transformer la gouvernance interne d’une municipalité ?

Capture d’écran du lundis en commun #8. Laurène Streiff. Pour voir la vidéo intégrale : https://www.facebook.com/watch/?v=3042059745922931&extid=SF1mCAglBQguE5qq

Comment fonctionne le schéma classique d’une mairie ?

Quels sont les changements des pratiques que vous avez mis en œuvre pour plus de démocratie ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
- Co construction du programme avec les habitants lors de la campagne (ateliers, plateformes participatives…) ;
- mise en place de conseils citoyens indépendants tirés au sort pour qu’ils puissent poser des questions en début de conseil municipal ;
- des budgets participatifs ;
- des votations et pétitions (à partir d’un certain nombre de signatures, une pétition peut passer en conseil municipal) ;
- des agoras ;
- des chantiers ouverts aux habitants ;
- des formations autour du budget ;
- évolution du droit à l’opposition ;
- des comités d’usagers sur la culture et les sports ;
- des consultations sur les grands projets.
Concernant les mesures politiques : tous les élus siègent ensemble dans un groupe unique et tiennent un projet commun qui a été co construit avec les habitants. Pour s’en assurer, une charte de fonctionnement a été écrite.

Capture d’écran du lundis en commun #8. Anne-Sophie Olmos. Pour voir la vidéo intégrale : https://www.facebook.com/watch/?v=3042059745922931&extid=SF1mCAglBQguE5qq

Quels sont les blocages pour mettre en œuvre des politiques de participation citoyenne ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
- Contexte : Grenoble compte 4000 agents.
- La posture de l’agent municipal dans les transformations de gouvernance a été compliquée. Quand on est arrivé en 2014, tout était à reconstruire. On s’est donc posé la question : “Qu’est-ce qu’une institution au service des habitants?”. Les agents étaient alignés sur l’idée d’être au service des élus et de la direction, par contre la notion de “au service des habitants” était difficile à imaginer en pratique. Il a donc fallu changer les manières de travailler, ça a pris beaucoup de temps et ça a demandé un très grand respect du rôle et de la place de chacun (élu, agent, habitant). Petit à petit tous les services de la ville ont voulu faire de la démocratie participative !

Quel pourcentage du budget participatif par rapport au budget global annuel ? A grenoble ? Région Occitanie ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
BP Grenoble = entre 800 000€ et 1M€ par an. Le plus gros projet qu’on ait eu c’était le plan école avec plus de 66 millions d’euros sur 6 ans.

Quel est le rôle des outils numériques et quelle importance ont-ils dans les différents dispositifs de démocratie participative ? Quelle est la bonne dose de numérique ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
La place du numérique est complémentaire. Côté numérique, pour la campagne municipale, on a utilisé la plateforme Decidim pour poster en transparence les propositions de programme et permettre d’en débattre.

Existe-t-il des échéanciers de dispositifs participatifs qui permettent de partir avec des choses concrètes et réalisables à une échelle de 2 à 5 ans ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
Je n’ai pas connaissance de ce genre d’outil. Ce que je peux dire c’est que c’est effectivement impossible de se lancer dans plein d’outils participatifs en même temps. La première chose qu’on a lancé à Grenoble c’est le Budget participatif car on savait que ça allait bien marcher. D’année en année on a cherché à intégrer les personnes qui ne participaient pas, on cherche aussi à faire converger les revendications et les projets qui pourraient s’opposer, qui semblent être en contradiction pour qu’on soit dans une co construction, dans le faire société ensemble.

A-t-on des exemples de dispositifs participatifs à l’échelle intercommunale ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
Le conseil de développement est un dispositif participatif prévu pour les intercommunalités. C’est une instance d’agora, avec des collèges qui représentent les syndicats patronaux, salariés, des associatifs, des élus. On s’en sert finalement peu car peu de moyens derrière.
Pour moi, l’échelon qui a le plus de sens est l’échelon communal car c’est l’échelon qui fait sens pour les habitants, c’est leur quotidien, leur espace vécu. Les interco ont des compétences autres que celles de proximité, qui sont très “techno” (réseaux de chauffage urbain, électricité…). Elles peuvent avoir rôle dans la coordination des communes qui peut être intéressant mais ne remplacera jamais le rôle de l’élu local qui est l’élu de la proximité. Cependant

Comment arrivez-vous à faire de la participation à l’échelle de la région ? Un exemple de quelque chose qui a bien marché ?

Laurène Streiff (Occitanie) :
Belle avancée en 2018 sur la thématique de l’alimentation : de grandes consultations, cafés citoyens ont été organisés. Suivis d’une votation qui a fait remonter 4 thématiques en haut de l’agenda. Ce qui a abouti fin 2018 à une délibération autour d’un plan alimentation travaillé et co écrit avec les gens. La région a ouvert 8 sièges pour les citoyens et en 24h on a reçu 2000 candidatures donc vraie appétence. Il est certain que la région est bien trop grande pour faire de la proximité et du présentiel, on est donc en complémentarité avec les collectivités. On n’est pas du tout concurrents. On a tous le même objectif : amener les citoyens à devenir acteurs de leur territoire.

Question sur la gouvernance interne : Comment ça se passe au sein du groupe politique pour la prise de décision entre élus ? Quels modes de participation interne ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
Quand on organise une réunion de groupe on se demande toujours si c’est de l’information, du débat, de la prise de décision.

Comment faire participer toutes les catégories de population ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
- On fait de “l’aller vers” : on va a la rencontre des gens dans la rue pour faire de l’information sur les outils participatifs qu’ils peuvent mobiliser.
- On utilise aussi le tirage au sort.
- Les chantiers ouverts au public, ce sont des chantiers précis que les habitants nous signalent et qu’on décide de faire ensemble. Quand on est dans le “faire” et pas dans “l’agora”, on arrive à mobiliser beaucoup plus de personnes.

Les cabinets sont-ils au service du maire ou de l’équipe municipale dans sa globalité (soutien sur les dossiers, accompagnement à la prise de fonction, lien aux services, gestion agendas…) ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
Pour nous c’est “le cabinet des élus”, pas du maire. Les membres du cabinet sont au service de l’accompagnement de chaque élu dans le sens où ils font le lien entre l’administration et les délégations. Ils sont là pour faciliter donc au final ils accompagnent tout l’exécutif. On s’efforce aussi à avoir une instance qui fait le lien entre nos co-présidents de groupe, le maire et le directeur de cabinet. Cette instance fait en sorte que ce soit fluide entre chaque groupe.

Avez-vous travaillé la question des mandats des élu.e.s avec la population en allant questionner directement les questions de démocratie représentative ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :

Face aux urgences du quotidien, avez-vous des temps spécifiques consacrés à la réflexion politique, à la vision du long terme ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :
On a du mal à trouver du temps à la réflexion politique c’est vrai. Nous a Grenoble,

Par quoi démarrer le travail de construction avec la population ?

Laurène Streiff (Occitanie) :
Je rejoins Anne-Sophie sur le faire en commun. Commencer par évaluer l’existant et voir comment on peut le faire évoluer, en associant les citoyens à cette réflexion en le comptant comme usager expert.

Si tu étais maire de Grenoble, quelles seraient tes 3 premières actions ?

Anne-Sophie Olmos (Grenoble) :

  • du loobing national pour passer à une 6e république pour aller vers une république des territoires ;
  • passer le droit de vote aux habitants étrangers qui habitent ici ;
  • construire des réseaux municipalistes pour pousser plein d’expérimentations dans les territoires (à ce sujet, conseil de lecture : article de Guillaume Gourgues Les municipalistes rêvent-ils de Métropole ?) ;
  • casser les silos administratifs pour être plus agiles ;
  • les citoyens décident des compétences de leurs représentants ;
  • aller vers une démocratie au commun ;
  • passer de l’ ”agora” au “faire” ;
  • passer au modèle coopératif (scoop, coopératives etc).

Si tu étais présidente de région, quelles seraient tes 3 premières actions ?

Laurène Streiff (Occitanie) :

  • avoir des référents démocratie participative dans tous les services ;
  • aller former les agents ;
  • intégrer les usagers et citoyens dans une meilleur connaissance de ce que fait la collectivité ;
  • engager les gens à faire à leur niveau.

--

--

Accompagner et documenter les expériences participatives des listes pour les élections municipales de 2020.

Love podcasts or audiobooks? Learn on the go with our new app.

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store
Action Commune

Action Commune

10 Followers

Accompagner et documenter les expériences participatives des listes pour les élections municipales de 2020.